Ralentir son souffle : un exercice simple, et ce qu'on peut en attendre
Allonger l'expiration est l'exercice le plus accessible qui soit. Voici comment le faire, et surtout ce qu'il est raisonnable d'en espérer.
C'est le seul exercice que je propose sans condition, parce qu'il ne demande rien, ne coûte rien, et se fait n'importe où. Je tiens en revanche à être précise sur ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas.
L'exercice
Inspirer normalement, par le nez, sans forcer. Puis expirer plus longuement que l'inspiration, lentement, sans vider complètement. Recommencer pendant quelques minutes, sans chercher à atteindre un rythme précis.
Le point important est l'asymétrie : l'expiration plus longue que l'inspiration. Le reste — la position, le compte exact, le lieu — a beaucoup moins d'importance qu'on ne le dit souvent.
Il n'y a pas de bon chiffre. Les protocoles très précis qu'on trouve partout donnent une impression de technicité, mais l'essentiel tient dans « expirez plus longtemps que vous n'inspirez ».
Ce qu'on peut en attendre
Une sensation d'apaisement chez beaucoup de gens, assez rapidement, et le fait de porter son attention ailleurs pendant quelques minutes — ce qui est en soi une partie de l'effet.
C'est un outil de moment : il aide dans un instant de tension. Il ne modifie pas ce qui provoque la tension, et il ne faut pas lui demander de le faire.
Ce que ça ne fait pas
Ça ne traite pas un trouble anxieux, ni une dépression, ni aucune pathologie. Ce n'est pas une opinion prudente, c'est la limite de ce qu'un exercice de respiration peut être. Présenter ces pratiques comme une alternative à une prise en charge est le travers principal de ce domaine, et il retarde des consultations.
Quand ne pas insister
- Si l'exercice provoque un malaise, des vertiges ou une gêne : arrêter, respirer normalement, et ne pas recommencer sans avis.
- En cas de pathologie respiratoire ou cardiaque connue, en parler d'abord à son médecin — certains exercices ne sont pas indiqués.
- Si l'angoisse s'aggrave pendant l'exercice, ce qui arrive : cesser plutôt que forcer.
Ce qui doit conduire à consulter
Une anxiété qui s'installe, qui gêne le sommeil, le travail ou les relations ; des crises qui se répètent ; une tristesse persistante ; des pensées qui vous inquiètent. Ce sont des motifs de consultation, auprès d'un médecin qui pourra orienter.
Il existe aussi des lignes d'écoute publiques, gratuites et confidentielles, joignables à toute heure. En parler à quelqu'un de formé n'est pas une démarche disproportionnée — c'est ce à quoi ces dispositifs servent.
Cet article ne remplace pas un avis médical et ne traite aucun trouble.